Interview de Gérard, membre du Tribord Club, passionné de bodyboard et de l’Océan

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Gérard, ou Kaf97470 sur le Tribord Club, est un des meilleurs bodyboardeurs réunionnais. Equipé en Tribord, il nous raconte son rapport avec son « terrain de jeu », l’Océan, et revient avec nous sur l’attaque de requin qu’il a subie il y a environ 2 mois…

" Soudainement, j'ai senti frapper violemment sous ma board..."

- « Bonjour Gérard ! Pour commencer peux-tu te présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

- Salut ! Gérard Itema alias "KAF"(Kréol Air Force !), j'ai 31ans, je suis né à Saint-Benoît, ville de la côte Est de l'île de la Réunion où je réside actuellement. Je suis passionné de sports extrêmes. Je pratique notamment le skate, le BMX, le motocross mais plus encore le bodyboard… J'ai commencé à dompter les vagues en 1992 sur le spot du Butor à Saint-Benoît, et je participe aux compétitions du circuit régional depuis 2003.

Depuis l'implantation de Décathlon sur l'ile, j'ai porté une affection particulière pour la marque Tribord, qui, avec son rapport qualité/prix dans le domaine de la glisse, m'apporte une grande satisfaction. Je me suis ainsi équipé du Bodyboard Tribord 900, que je juge efficace et rigide en prône grâce à son « shape » et son double « stringer », même s’il est un peu moins évident à manœuvrer en Dropknee à cause de son Bat Tail… Finalement, le reste de mon équipement comprenant mes palmes, mon leash et mes combinaisons est aussi 100% Tribord et irréprochable !

- Comment définirais-tu ton rapport avec l’Océan ?

- Je me définirais comme un amoureux respectueux de la mer. Je n'ai jamais quitté mon île tout simplement par passion pour ces vagues qui nous sont livrées par l'Océan Indien. L'Est est sujet aux houles cycloniques, et j'ai, depuis le début, été confronté à des conditions de surf hors normes : vagues dantesques, forts courants, et très peu de monde à l'eau... Ces années passées dans cet univers ont fait de moi un bodyboarder complet, aguerri voir même un peu trop intrépide… ! Je suis aussi un fervent protecteur de la nature et j’essaie de limiter la pollution aux abords de nos spots.

- Penses-tu qu’il existe différentes manières d’observer l’Océan ?

- Oui, je le pense. Mais que ce soit en surface ou sous l'eau, pour les surfeurs ou pour les apnéistes, l'observation de l’océan est plus qu'importante, et peu importe la manière. Nous sommes les vigies de la nature et devons être conscients des probables changements de la faune et de la flore sous-marine. Ces regards sont des armes pour la préservation de notre environnement.

- As-tu une anecdote particulière venant tout droit de l’Océan ?

- Mes anecdotes de bodyboard sont nombreuses et variées… !

Du côté des plus beaux souvenirs, il y a les sessions parfaites "made in East Coast" avec leurs longs tubes, qui resteront les plus mémorables. En compétition je pense à ma 3éme place dans le Bodyboard Open au Manapany Surf Festival toujours équipé en Tribord.

Du côté des mauvais souvenirs je peux vous parler des "wipeouts" à la limite de la noyade, des impacts violents contre le récif, des galets ou des oursins... Jusqu’à présent cela restait de l'ordre des « risques du métier »... Ceci dit, l'histoire la plus marquante restera mon attaque de requin survenue le 5 mars dernier au Butor, mon home spot…

- Peux-tu nous raconter brièvement cette attaque de requin ?

- Il était 14h, j'étais le dernier à l'eau car mes 2 "collègues" venaient de terminer leurs sessions. J’étais situé au shorebreak, assis sur ma Tribord 900, et j'attendais une dernière vague pour regagner la plage. Il faisait beau, l'eau était limpide, mais je restais toujours attentif et sur mes gardes comme à mon habitude lorsque je surf en solitaire. Mais on a beau observer attentivement, on ne voit pas forcément les choses arriver...

Soudainement, j'ai senti frapper violemment sous ma board qui était toujours entre mes jambes. Poussé par dessous, cela m'a fait jaillir hors de l'eau et j'ai dû lutter contre le deuxième impact pour ne pas tomber de ma planche. Aussitôt son assaut terminé, je me hâte de regagner la plage qui se trouve alors à environ une trentaine de mètres, distance qui m'a paru interminable…

Je regagne la terre ferme à vitesse grand V. Arrivé dans les galets, j'éclate de joie sous le regard de mes potes témoins de l’incident. Ce fut bref, mes rires se sont tus lorsque j'ai retourné ma board… La vision des 2 morsures m’ont fait froid dans le dos… Je croyais juste avoir eu un contact mais pas une attaque !!! C’était rapide, furtif mais avec heureusement, un manque de précision de la part du prédateur. Chance ? Hasard ? Destin ? Je ne saurai quoi répondre, sinon que je suis tout bonnement content d’être sain et sauf.

- Penses-tu que cet événement changera ton rapport avec l’Océan ?

- Depuis ce jour, contrairement à mes amis, je n'ai plus mis une palme sur mon home spot. Je ne fais que passer, je m’arrête un instant, je regarde les vagues avec envie et me résous à rester sur le bord…. Je me déplace alors sur les autres spots de l'île pour m'adonner à ma passion. Je ne pense pas pouvoir me remettre à l'eau tant que des solutions ne seront pas mises en place afin que nous puissions surfer en "sécurité" à Saint-Benoît. Cette attaque a quelque peu changé ma vie…

Désormais je ne surfe plus en solitaire, ni en eau trouble... Je tache de faire encore plus attention aux conditions météorologiques pour me mettre à l'eau et je m'informe auprès des pécheurs locaux. Ma passion reste bien évidemment présente, et cette mésaventure a accentué ma rage de vaincre en compétition. Maintenant, et encore plus qu'avant cet événement, je prends une vague comme si c’était la dernière.

- Dernière question, selon toi, les innovations et la technicité du matériel modifient-elles notre rapport avec l’Océan ?

- Même sous les tropiques, j'ai pour habitude de toujours porter une combinaison qu'elle soit intégrale ou shorty. Rares sont ceux qui m’ont vu surfer en short de bain... Je suis extrêmement frileux mais si je porte aussi souvent des combinaisons ce n'est pas juste pour une question de température, mais bien pour une question de protection. La combinaison est pour moi comme une seconde peau, résistante aux divers chocs que l'on peut subir à cause du relief sous-marin. C’est finalement un peu comme une veste en cuir pour un motard.

Les progrès autours du surf sont de plus en plus impressionnants. On voit une émergence de produits minutieusement élaborés pour la pratique du bodyboard. Du shape avant-gardiste à l'utilisation des "stringers" en fibre de carbone ou de verre pour la rigidité, au matériel vidéo étanche, solide, léger et compact, en passant par les sites internet dédiés aux pratiquants. A mon grand plaisir, l'univers du bodyboard est en plein essor, et est promis à une longue vie…

Voilà, tout comme vous amis lecteurs, je souhaite sincèrement continuer à profiter des vagues, et cela, en étant responsable et en préservant l’océan des méfaits de la pollution...

Keep on riding!!! »

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