Ma première plongée en Antarctique: le récit de Nicolas

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Equipé en partie en Tribord (palmes, masque, tuba et vêtements techniques de bateau), Nicolas a vécu une expérience inoubliable : plonger en Antarctique.


Nicolas prend la pose sur la banquise, bien au chaud et à l'abri du vent dans sa veste CR900 Tribord


Nicolas, 39 ans, est scaphandrier professionnel. Après des études en archéologie, une formation aux métiers de la plongée sous-marine et un diplôme universitaire en biologie et écologie sous-marine, il est maintenant guide naturaliste pour une compagnie de croisière spécialisée en Antarctique.

Quand on lui demande pourquoi il a choisi cette région si particulière, il nous répond qu’elle lui permet de « découvrir des espaces où seule la nature règne sans concessions. »

Avec sa passion pour la photographie sous-marine, l’important pour lui résidant dans « l’alchimie née de ces éléments pour éprouver une sensation, un sentiment, une émotion, peu importe de quel registre… »

« Ma mission est de transmettre mon expérience, ma passion pour l’Antarctique et d’éduquer le voyageur à comprendre, respecter et préserver le Continent Blanc. »
 

 

L’expédition :


« Notre bateau est à quai face à la ville d’Ushuaia, baignée par le Soleil austral, à la croisée du canal de Beagle et du Mont Olivia. C’est ici, en terre de feu, avant de naviguer vers l’Atlantique Sud puis la Péninsule Antarctique que les passagers vont embarquer sur leur navire d’expédition.

Ma première plongée en Antarctique


Après avoir longé les 65 kilomètres de côtes de l’île des Etats, nous quittons pour de bon le monde tel que nous le connaissons, pour nous jeter enfin dans l’aventure de l’Atlantique sud et de l’Antarctique.
 
Ma première plongée en Antarctique

 

Les expéditions terrestres : découverte de la faune locale :


En 10 jours de différentes étapes terrestres en Antarctique, un large éventail de la faune locale est aperçue par Nicolas et sa « bande de passionnés des pôles et de la vie animale » : orques en Géorgie du Sud,  manchots papou, éléphants de mer intrigués par les bidons étanches Tribord, albatros à sourcils noirs, otarie à fourrure, cormorans impériaux, phoque léopard, cygnes de Cordoba, dauphins de Commerson…

C’est donc encadrés par une équipe d’expédition très compétente, qu’au fil des journées et de la faune approchée, les passagers sont sensibilisés aux nombreuses espèces présentes et à leurs spécificités.
Les journées s’enchainent donc entre conférences sur différents thèmes (géologie, ornithologie, mammifères marins, biologie marine, botanique,…) directement en rapport avec les arrêts et les rencontres effectuées.

Ma première plongée en Antarctique

Un bébé éléphant de mer bien intéressé par les bidons étanches Tribord

 Ma première plongée en Antarctique

 Ma première plongée en Antarctique

 

Parés à plonger !! 


 Les orques observés ici présentent un melon proéminant et une petite tache oculaire blanche inédite dans le monde répertorié des épaulards : une nouvelle variété géographique d’espèce vient d’être découverte !

 Ma première plongée en Antarctique



La plongée tant espérée !

« Lui aussi à vécu ce moment de la première rencontre avec l’océan polaire, instant précieux d’une vie de plongeur, plus encore d’une vie d’homme. »

JEUDI 08 DECEMBRE 2011 : PASSAGE DE DRAKE
 

Ma première plongée en Antarctique

Nicolas, prêt à la mise à l'eau avec ses palmes FLP 900 Tribord


« La plongée mobilise le chef d’expé, le naturaliste, un zodiac en sécu plongée avec deux marins à bord, et moi-même.
Autres paramètres importants que le commandant doit prendre en compte, ce sont les conditions météorologiques : les courants présents dans la baie mais surtout une langue glaciaire qui « vomit » régulièrement des icebergs parfois de la taille d’un semi-remorque venant encombrer cette baie abritée.

J’attends ce moment depuis si longtemps, depuis toujours à dire vrai dans ma vie de plongeur !
Je commence fébrilement à monter le matériel de plongée. Je me force à être concentré, rien oublier, bien gréer, bien vérifier, une fois, deux fois puis une troisième...
J’ai chaud, je transpire dans ma combinaison semi-étanche ; même pas peur des -1°C degré de l’eau de mer.

Je me dirige avec mon matériel de plongée sur le dos, mes palmes Tribord sous le bras et mon caisson photographique dans la main vers la marina du bateau où m’attend le zodiac.

Ca y est ! La cagoule de ma combinaison enfilée, masque et tuba autour de ma tête, nous filons à vive allure sur le zodiac, slalomant entre les icebergs vers l’endroit repéré et… tant convoité.


Une fois arrivé au bon spot, j’enjambe le boudin du zodiac sans rien dire à mes partenaires, n’écoutant que les sensations de mon corps et attendant la morsure tant imaginée de l’eau glaciale sur mes lèvres nues crispées autour de mon détendeur.
Je me laisse glisser, je ne peux plus reculer, ça y est, j’y suis…

Là, pas de réaction brutale m’envahissant mais une sorte de réflexe instinctif : mettre la tête sous l’eau pour voir… Je ne me souviens plus de ce que j’ai vu ou ressenti à ce moment précis... Puis machinalement je vérifie une dernière fois mon appareil respiratoire. Et c’est ensuite au tour de mon caisson photographique de passer l’inspection : tout va bien, pas de fuite d’eau.
 

Ma première plongée en Antarctique


Je n’ai toujours pas froid. Niko, le chef d’expé, lui, est déjà prêt ; ce n’est pas sa première plongée en Antarctique.
Il me fait signe, nous vidons nos stabs, je m’enfonce, l’eau est sombre puis trouble, tout va bien.

 Ma première plongée en Antarctique


Nous atteignons le fond, mon ordinateur indique -10 mètres.
Le fond est couvert de galets assez grossiers et de gros rochers couverts de buissons d’algues rouges parsemant ce décor. Je pense « c’est comme ça alors le fond ici » puis je reprends mes esprits, il faut que je fasse des photos vite, trouver des sujets, des animaux…

Mais il n’y a pas grand chose ! « Shooter » les algues sur les rochers, tiens les patelles de couleur terne qui courent dessus.
Puis une alerte dans ma tête ; regarder où se trouve Niko, la visibilité n’est pas bonne, je ne l’ai pas vu descendre.
Je scrute, je cherche, je vois un chapelet de bulles, je nage vers lui.
Il me montre quelque chose sur le fond ; une étoile de mer rouge écarlate que je m’empresse de prendre en photo.

 Ma première plongée en Antarctique

Etrange sensation d'être sous un iceberg...

 Ma première plongée en Antarctique


Niko me fait signe de relever la tête et là je comprends pourquoi : soudain les ténèbres se sont faits plus intenses ; je suis sous un Léviathan des glaces, un rejeton de « papa glacier », un iceberg massif dans toute sa splendeur ; masse d’un blanc pur nuancé de toute la palette des bleus ; de l’outremer, au cyan en passant par l’électrique. C’est comme je l’imaginais.
Nous remontons de quelques mètres à sa rencontre, je suis un peu peureux, méfiant. J’attends que Niko le touche en premier. Je le prends en photo, c’est à moi, je dois le toucher à mon tour du bout des doigts comme un rite d’initiation.

Soudain quelque chose vient perturber ce moment solennel : en prenant Niko en photo, j’ai dérivé sous cet iceberg et je viens de me cogner la tête. Je repasserai pour la séquence émotion…

Ma première plongée en Antarctique


Je continue à « shooter » avec différents réglages, seulement maintenant j’ai froid. L’ennemi numéro un se fait rappeler à son bon vouloir le long de mon échine mais plus violemment au bout de mes doigts.
Mais je suis gourmand, j’en veux toujours plus, même si je ne fais pas de supers images, même si je ne rencontre pas les manchots et les phoques : esprits des lieux… Je me force à mettre la tête sous l’eau.

Je ne sens pas le froid, du moins c’est ce que je crois ! Mes doigts eux, si : je n’arrive plus à vider ma stab en appuyant sur l’inflateur. Elle est tellement gonflée qu’elle a raison de moi : elle me maintient à la surface sans même que j’ai besoin de palmer !
Je suis prisonnier entre ces deux mondes comme en zone de transit.

 Ma première plongée en Antarctique

 

Une idée traverse mon esprit gelé, faire des photos mi-air, mi-eau : ça va être géant avec les icebergs aux alentours.
Je « shoote » donc et « re-shoote », je prends aussi Niko et l’équipe à bord du zodiac qui me regarde faire.
Et là instinctivement je regarde mon ordinateur qui m’indique 46 minutes de temps de plongée, c’est pas mal pour une première en semi-étanche par une eau à -1°C degré... Mes doigts m’intiment de stopper. J’ai mal… Niko a compris, je lui envoie un « ok ! » qui met un terme à ma première plongée en Antarctique. Il remonte sur le zodiac en premier, j’hésite à le suivre et prends une dernière photo de l’iceberg que je touche une dernière fois, comme un adieu que j’adresserai à un ami.

 
Ma première plongée en Antarctique

 
Puis la réalité du temps à l’échelle humaine me rappelle que le bateau nous attend pour partir vers un nouveau site d’exploration de ce mythique continent Antarctique.
Sur le zodiac, pas un mot, juste une poignée de main et un sourire à Niko pour lui dire merci de cette aventure intemporelle qui restera gravée en moi à jamais.
Le zodiac file à vive allure, j’ai froid, mes mains me font atrocement mal mais je suis très heureux.

Vivement la prochaine plongée en Antarctique… Nous étions le jour de la Saint-Nicolas, nous étions deux Nicolas dans un endroit en Antarctique qui porte le nom de Neko Harbor (Niko en anglais), no comment… »

Voir le site de Nicolas.

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