Surf et localisme ce qu’il faut savoir

Surf et localisme : ce qu’il faut savoir

(32) 13
Commentaires

Entre légende urbaine et récits plus ou moins factuels, plus ou moins exagéré (plutôt plus que moins) vous en avez sûrement entendu parler. Si ce n’est pas le cas, voici un guide pour vous aider si, par malchance, vous êtes confronté à ce phénomène : le localisme. Quelques informations sont à connaître à propos de cet art de rejeter une personne ne venant pas de son « home spot ». Afin de vous éviter les foudres des « locaux », il faut savoir prendre quelques précautions. 

 

Le localisme en surf existe-t-il vraiment ?

 

En France, il n’existe pas réellement de spot où le « localisme » fait rage, une poignée d’endroits un peu « chauds » sont répertoriés, mais rien de très important comparé à Hawaii avec les Black Shorts, en Australie avec la Bra Boys.

Ces plages sont souvent balisées de tags « go home » sur environ 400 mètres avant le parking, sur le parking, et s’il était possible de tagger sur le sable, soyez sur que les « locaux » l’auraient fait. Rien ne prouve qu’ils n’aient pas essayé...

Donc non le localisme n’existe pas vraiment en France. Ou du moins on ne peut pas appeler de la sorte quelques actes isolés de violence résultant plus de tensions humaines que de réel esprit de défense du territoire. 

Mais il existe des gens plus ou moins accueillants (plutôt moins que plus) donc tout surfeur connait des histoires de pneus crevés, pare-brise waxés, coups de pala (raquette de pelote basque en bois) ou simples insultes. Vous l’aurez compris, les spots les plus atteints pas le localisme en France se situent entre le pays basque et les landes.  

 

Comment identifier le surfeur local ?

 

C’est en général celui qui vous répond « au revoir » quand par courtoisie vous lui dites « bonjour ». Il a une marque de bronzage au niveau des plis du front à force de froncer les sourcils. Il est bruyant avec ses amis. Il est plus ou moins intelligent (plutôt moins que plus). Il ne respecte pas les règles de priorité quand quelqu’un qui n’appartient pas à son clan part sur une vague. Il est chez lui, ce qui explique naturellement qu’il ne respecte pas les règles de priorités. Après avoir taxé une vague à un bodyboarder, il lui sort des répliques du style « premier debout » et rit fort avec le fond de sa gorge.

Dernière petite précision, le local c’est celui qui est très content d’être bien accueilli par les autres locaux quand il voyage (donc touriste à son tour), et pourtant, il ne se montre pas chaleureux avec les voyageurs qui élisent son spot pour pratiquer leur passion. Le « local » est un paradoxe.

 

Local hurlement localisme surf

 

Les conditions pour être un surfeur local 

 

Il est clair que vous ne deviendrez pas un « local » en un claquement de doigts, il y a généralement deux manières de le devenir rapidement.

La première est simple, il suffit de mesure plus d’1m90 et de peser plus de 90kg de muscle et de fracasser chaque vague que vous surfez, vous verrez que les surfeurs du spot vous apprivoiseront plus ou moins vite (plutôt plus que moins).

Si vous n’êtes pas dans le cas précédemment décrit, la deuxième option vous correspondra mieux. Elle consiste à créer des affinités avec les locaux, surfer quasiment tous les jours, dire bonjour en entrant à l’eau, respecter le roulement au pic, le contourner en remontant au line up, essayer après quelques semaines d’engager la conversation (sur les conditions en général). Ainsi, l’engrenage sera enclenché, mais si ça ne fonctionne pas, n’insistez pas trop, c’est une question d’affinités et rien ne sert d’appartenir à un groupe qui ne vous correspond pas...

 

Localisme, mais pourquoi sont-ils si méchant ?

 

Parce que.

 

La violence gratuite (très rare) illustrée dans le film Point Break.

 

Plus sérieusement, comme évoqué au début de cet article, les actes de localisme résultent plus de tensions humaines que d’un réel esprit de défense du territoire. En effet, les spots sont tellement surpeuplés en été que les locaux ont abdiqué... Et puis une part non négligeable d'entre eux vit grâce au tourisme alors ce serait absurde de se montrer violent envers les vacanciers. C’est comme si vous passiez devant un bar, que le serveur vous giflait avant de vous proposer un rafraichissement en terrasse.

Vraiment plus sérieusement, certains petits éléments créent de grandes tensions. En les connaissant et en contribuant à ce qu’ils ne se produisent pas, vous éviterez d’être à l’origine de tensions et donc le destinataire de paroles ou d’actes virulents. 

 

Le comportement à adopter

 

Si vous êtes débutant, n’allez pas au pic d’1m-1m50 parfait où tout le monde est, où tout le monde surf bien. Ça ne vous servira à rien, rester dans les mousses est le meilleur moyen d’acquérir les premières sensations de glisse. Et si vous vous y rendez, vous gênerez les bons surfeurs, vous serez un danger à la fois pour eux et pour vous même. En plus, ils devront faire attention à vous et quand on surf bien on n’a pas forcément envie de se préoccuper à surveiller un débutant (appart si c’est un ami, notre enfant ou celui d’un autre local). Le seul fait de votre présence pourrait générer un sentiment d’insécurité et comme il suffit d’une étincelle, les tensions se feront sentir plus ou moins rapidement après votre arrivée au pic (plutôt plus que moins).

 

local hausse le ton sur un touriste localisme surf

 

Si vous surfez mieux, bien ou alors que vous vous obstinez à monter au pic surpeuplé, la première chose à faire est de dire bonjour à ceux qui sont déjà au pic, même si vous risquez d ‘essuyer un regard noir dans un blanc pesant, vous serez toujours mieux perçu que si vous ne saluez personne. Ensuite respectez les règles de prioritévous n’arrivez pas en terrain conquis. Il est très important de contourner la zone de déferlement pour ne pas gêner le surfeur sur sa vague, c’est à vous de faire attention à lui et non le contraire. Respectez le roulement au pic. Observez le comportement des surfeurs, repérez les locaux et s’ils vous font l’intérieur, ne rouspétez pas. En règle générale ne rouspétez pas.

 

rester zen localisme

Lotus et bouche cousue

 

Les locaux vous expliqueront tout ça plus ou moins bien (plutôt pas du tout) même si cela contribuerait à un surf plus détendu... 

 

En résumé 

 

Le local a certes un devoir de pédagogie, mais l’estivant n’en a pas moins un devoir de respect.

Alors passer au dessus de ces petits conflits ne serait pas plus bête... Après tout le principal c’est de se faire plaisir sur les vagues.

 

N’hésitez pas à partager vos expériences de localisme subies ou infligées en commentant.

Vous pouvez également nous faire part de vos idées pour limiter ce phénomène.

 

 

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Validez votre note
Rédiger un commentaire
Comments

Votre définition du local est carrément réductrice, notamment en ce qui concerne les règles de priorité, qu'ils respectent d'une manière générale.... Dans mon coin, Ce qu'on ne supporte pas : voir arriver des hordes rameutés à coup de portable, et se mettre à l'eau même lorsque le spot sature. Voir un joyeux barnum dans ou en bas de la vague, rendant dangereux le take off et les évolutions. Voir arriver un groupe de stand up, souvent dangereux, et qui "occupent le terrain" en raison de leur positionnement en amont des séries...

En revanche, ok pour dire qu'on se doit un respect mutuel, et qu'on devient souvent à un moment donné un étranger parmi les locaux, lorsqu'on voyage. Le vrai problème est la surpopulation des spots, au point de ne plus pouvoir surfer... D'où le localisme.


Bonjour Ian,


La définition qui est faite du local est assez caricaturale, à lire avec une certaine dose de second degré, l'objectif était de permettre de reconnaître une personne potentiellement hostile à la présence d'un touriste tout en apportant une dose de légèreté sur ce sujet sérieux.

En ce qui concerne l'insécurité créée par la surpopulation des spots de surf, dans cet article nous donnons des conseils quant à la conduite à tenir pour éviter les tensions à l'eau. Dans le paragraphe "le comportement à adopter", il est écrit qu'il faut contourner le pic et ne pas gêner le surfeur sur la vague : élément très important, nous sommes d'accord...


Bon surf !

Malo - TRIBORD


Plus ou mois... plus moins que plus... mis "à part" ça...


Même si ce commentaire ne sera pas publié, je vous en fais part : vous avez modifié votre article, et d'ailleurs il n'est pas plus intelligent, et plein de parti pris.


Bonjour Ian,


Cet article a été posté la semaine dernière et aucun texte n'a fait l'objet de modification, peut être avez-vous lu un autre article puis celui-ci... ?

Quoiqu'il en soit si vous ne le trouvez pas intelligent, soyez sûr que nous en sommes désolé. Mais peut être n'êtes vous simplement pas la cible ou manquez-vous d'un peu de second degré pour bien l'apprécier.


Bon surf !

Malo - TRIBORD


Je me permet d'ajouter un post au précédent que j'ai rédigé : pour limiter le phénomène, la première chose est de traiter un sujet sérieusement et de façon équilibrée. Ici, vous défendez vos intérêts de vendeur de masse. Dommage et malhonnête.


Bonjour Ian,


Merci pour vos commentaire et votre solution pour limiter ce phénomène.

L'objet de cette article était d'orienter autochtones et touristes vers un consensus, pour apaiser la cohabitation au pic et que tout le monde puisse profiter du surf dans une bonne ambiance.

Nous ne défendons aucun intérêt appart peut être celui des surfeurs (souvent voyageurs) en nous appuyant sur le postulat de base que "l'océan n'appartient à personne ou alors à tout le monde", il en va de même pour les plages, il en va de même pour le surf... et c'est un sport tellement incomparable, tellement fascinant, qu'il serait absurde d'en priver une partie de la population juste parce qu'ils ne maîtrisent pas autant que d'autres. Après tout, chaque bon surfeur a un jour été débutant... Le tout est de donner les clés à chacun pour que cohabitation puisse se faire.


Bon surf !


Malo - TRIBORD


Pour moi le plus grand respect à l'eau, c'est en remontant la barre. La base c'est de ne pas gêner le surfeur ou la surfeuse quand elle est à fond dans son "run".


Donc :


1- Ne pas hésiter à ramer parallèlement à la vague, vers le côté de l'impact, là oû la lèvre casse, et faire son canard sous la mousse une fois que le surfeur est passé. Surtout l'été quand les vagues font moins d'1m20, au pire ça va vous secouez un peu et vous réveillez et puis c'est tout! Forcément si vous êtes sur un spot "chaud" avec une houle grasse de 2m50, et qu'il y a un mec qui remonte aussi juste derrière vous, on ne vous en voudra pas de passer par la face de la vague. Mais sur du 1m en plein été, dans une eau à 22°c, c'est juste irrespecteux !


Si le surfeur n'est pas trop con et qu'il est attentif, il vous en sera reconnaissant et c'est lui qui vous dira bonjour lors des prochaines sessions ensemble.


Il faut savoir que c'est très compliqué de progresser son surf lorsque tous les 4mètres, il y a un gars qui remonte la barre en passant en pleine zone de ride. ça devient alors compliqué d'avoir un oeil sur les "remontants", tout en restant concentré sur son ride. A moins d'être un pro ou bien d'être un mec qui s'en bat les reins de découper une oreille au passage, car ça existe aussi les mecs qui pensent être seul à l'eau même quand c'est blindé au line-up. Ceux là on se demande aussi ce qu'ils ont dans la tête parfois mais bon... Bref en cas de collision avec un "Warrior", c'est vous qui serez en tord si vous remontez la barre par la face de la vague, donc suivez mes conseils.


2- Le fait de dire "bonjour" quand un regard se pose sur vous (ce qui n'est pas toujours le cas je vous l'accorde), donc moi j'insiste pas dans ces cas là.


3- Et bien sûr les régles de priorités habituelles...


Bonjour Yohann,


Merci pour ce commentaire et partage d'informations complémentaires.


Bon surf !


Malo - TRIBORD


Bonjour,

Merci Tribord pour cet article qui rappelle quelques bases importantes.

J'ai l'impression que la réaction du shaper de Tarnos qui s'était fait agressé verbalement a eut quelques effets positifs! Au moins on en parle, même Tribord... ça peut faire évoluer certains arriérés qui existent encore à l'eau. (le mec avait porté plainte pour médiatiser l'histoire, L'équipe et Le Monde en avait parlé).

Je confirme qu'on peut surfer, être local et ne pas être un c** agressif avec tout le monde...

Bon surf

Mich


Pages
HAUT DE PAGE